FSALE

 

La région montagneuse d'Oujda et le passé historique des tribus locales ont créé à la fin du XIXème et au début du XXème siècle de nouvelles conditions d'affrontements ainsi que la combinaison d'actions civiles et militaires à la frontière de l'Algérie et du Maroc."

Les Beni-Snassen forment au Maroc une grande confédération de quatre tribus d’origine Zénète, avec des fractions arabes. Les Beni-Snassen sont en majorité berbères.

 

D’après la tradition, les Beni-Snassen étaient installés plus à l’Est, près de Mascara en Algérie ; ils doivent la quitter vers le VIIe siècle, refoulés par la conquête arabe, pour se cantonner dans le massif montagneux qui porte aujourd’hui leur nom. Au XIXe siècle, ils accueillent dans le nord de leur territoire un ensemble de quatre tribus arabes de la plaine de l’Angad, qui s’établissent dans la plaine de la Triffa.

En gris: territoire des Beni-Snassen

 

Les Beni-Snassen se divisent en quatre tribus : Aït-Atiq, Aït-Khaled, Aït-Mankouch et Aït-Ourimech. La tribu arabe de la Triffa leur est rattachée avec les Ouled-Sghir, Lâtamna, Haouara et Ouled-Mansour.

 

Le territoire des Beni-Snassen représente une aire de forme triangulaire délimitée par la Moulouya à l'ouest, l'oued Kiss à l'est et la plaine des Angad au sud. Il comprend ainsi l'ensemble montagneux des Beni-Snassen et la plaine de la Triffa.

 

Comme les autres conférassions de tribus berbères, les Beni-Snassen, dont le territoire est proche de la frontière entre l’Algérie et le Maroc, ont été turbulents pendant la conquête du Maroc par l’Armée française à la fin du XIXe siècle

 

Le 21 mars 1842, cette tribu des Beni-Snassen, ralliée à l’émir Abd el-Kader, est défaite par l’Armée d’Afrique ; elle se réfugie avec l’émir sur la Sikkak.

 

En 1842, le général Bedeau, commandant de la région de Tlemcen, combat Abd-el-Kader, soutenu par les tribus marocaines voisines de la frontière, notamment les Beni-Snassen. Il reçoit cependant les instructions de garder de bonnes relations avec le caïd d’Oujda.

 

En juin 1842, le général Bedeau a une entrevue avec le caïd. Celui-ci lui déclare officiellement qu’il a des instructions précises du Sultan du Maroc, pour maintenir la neutralité, que son maître voulait la paix et qu’il avait fait punir quelques-uns de ceux qui s’étaient rendus sans autorisation au camp de l’émir. Un des chefs des Beni-Snassen, Bechir-ben-Meçaoud, présent à l’entrevue, s’excuse personnellement en affirmant qu’Abd-el-Kader lui avait assuré que les Français voulaient s’emparer d’Oujda.

 

Pendant neuf ou dix mois, la tranquillité paraît être rétablie dans ces parages,

 

Le 30 mars 1843, le général Bedeau, qui parcourt avec une petite colonne le territoire des Beni-bou-Saïd, à 2 lieues de la frontière, se voit assailli tout à coup par une bande marocaine dans laquelle il reconnaît des cavaliers réguliers du caïd d’Oujda. Le général, à qui ses instructions prescrivent la plus grande prudence, arrête le feu que ses troupes ont déjà commencé ; mais, quand la marche est reprise, le maghzen d’Oujda pousse l’audace jusqu’à serrer de près l’arrière-garde en tirant des coups de fusil qui blessent grièvement deux hommes. Justement irrité de la récidive, Bedeau fit volte-face, riposte vigoureusement à l’attaque et met les agresseurs en déroute.

 

Le 14 août 1844, le Maréchal Bugeaud remporte une brillante victoire à Isly sur l’armée du Sultan du Maroc. En se retirant des lieux des combats, les Beni-Snassen n’hésitent pas à piller le camp de leurs anciens alliés.

 

En mai et juin 1852, la tribu marocaine des Beni-Snassen, réfractaire, forme une troupe de 5 à 6 000 fusils ; le Gouverneur Général Jacques César Randon décide de faire châtier par le général Cousin-Montauban, la tribu des Béni-Snassen et à la forcer d’accepter ses conditions. Le général dispose d’une colonne de 4 500 soldats parmi lesquels figurent deux bataillons du 1er Régiment Etranger. L’adversaire, bien abrité dans une chaîne de montagnes longue de 80 kilomètres, tient les points dominants. La colonne est exposée ainsi, en marche comme en bivouac, à des démonstrations offensives. Les compagnies et les convois isolés sont continuellement attaqués. Regroupant ses forces dans la plaine, le général les articule en trois colonnes fortes de deux bataillons. Placés au centre du dispositif, les bataillons du 1er Etranger s’avancent méthodiquement et ils enlèvent chaque résistance au pas de course et à la baïonnette. Mais quelques heures plus tard, une violente contre-offensive les oblige à abandonner le terrain. Le 2e bataillon qui reçoit tout le poids de ce retour offensif ne parvient à se dégager qu’après des combats au corps à corps. Le général Cousin-Montauban rend hommage par un ordre du jour à la belle conduite du bataillon. Ce combat est le dernier de la campagne qui se termine par un traité de paix. Les deux bataillons du 1er Régiment Etranger regagnent Sidi-Bel-Abbès.

 

Le 24 mai 1852, la Légion Etrangère perd au Maroc deux officiers, Marcile et Nouvelle.

 

En 1859, usant du droit de poursuite donné à la France par le sultan du Maroc par le traité de Tanger du 10 septembre 1844, le général Joseph Yûsuf dirige une expédition française contre les Beni-Snassen pour les réduire.  Les Tirailleurs algériens forment l’ossature de la colonne. De retour en Algérie, les 1er et 2e bataillons du 2e Etranger participent à l’expédition dans la région du Tell contre les Beni-Snassen, à la fois agriculteurs et pillards, spécialistes de la razzia éclair. Les Beni-Snassen liquident avec maestria plusieurs postes frontières de la région de Lalla-Maghnia. La colonne envoyée contre eux essuie pas mal de coups de feu de la part de gaillards basanés qui se fondent dans le paysage comme des caméléons : mais ces guerriers doivent ensuite assister du haut des rochers environnants aux représailles économiques : villages brûlés, récoltes coupées, silos à grains déménagés.

 

De petits groupes exaspérés parfois se ruent follement, mais plus souvent les Beni-Snassen se vengent en coups de main nocturnes. Tout soldat isolé peut se tenir pour mort et bien des légionnaires enterrent ces semaines-là des cadavres de copains très peu agréables à regarder, tête coupée, ventre ouvert, sexe arraché.

 

Les légionnaires subissent de nombreuses pertes à l’occasion de cette campagne dues plus à l’épidémie du choléra qu’aux actions miliaires des révoltés qui, en octobre, demandent l’aman. C’est un envoyé du Sultan du Maroc qui vient conclure une espèce de trêve.

 

 

Mars 1907 : forte du blanc-seing obtenu à Algésiras et devant la recrudescence des exactions, des attaques contre ses ressortissants et des menaces à la frontière de l’Oranie et aux confins algéro-marocains, la France décide d’occuper Oujda.

 

En 1907, les tribus guerrières des Béni--Snassen franchissent régulièrement la frontière algéro-marocaine pour piller les tribus sédentaires d’Algérie. En effet, la frontière algéro-marocaine est très souvent franchie par les tribus guerrières des Beni-Snassen qui pillent les tribus sédentaires d’Algérie ; l’assassinat du docteur Mauchamp à Marrakech le 19 mars provoque l’occupation d’Oujda et le territoire des Beni-Snassen, le 29 mars, par le général Louis Lyautey. Le 1er Etranger participe à cette opération.

 

Fin 1907 -début 1908, une opération avec la participation de la Légion et des Tirailleurs algériens est lancée contre la tribu des Beni-Snassen.

 

16 mars 1908 : au Maroc, la Chaouïa est pacifiée par le général d’Amade ; les effectifs du Corps Expéditionnaire sont portés à 14 000 hommes. Bou-Denib est occupée et les Béni-Snassen demandent une nouvelle fois l’aman.

 

16avril 1908 : au Maroc, partant de Colomb-Béchar, la colonne du colonel Pierron campe dans la cuvette de Menabah, en prenant les mesures de sécurité d’usage.

 

Le 17, l’attaque a lieu aux premières heures du matin. Les Marocains, ayant pu s’emparer des hauteurs qui dominent le camp, l’inondent de projectibles. La 24e compagnie montée du 1er Etranger va affronter la redoutable harka du Tafilalet, forte de 2 000 hommes, fanatisés par le marabout Moulay Lhassen. La 24e compagnie, entraînée par son capitaine Maury, lance un assaut irrésistible contre le mamelon le plus menaçant et bouscule les Marocains. Ce résultat est obtenu par une manœuvre intelligente, rapide et audacieuse, tout à l’honneur de la prestigieuse compagnie montée et de son chef. Cette action sauve la situation.

 

13 et 14 mai 1908 : la colonne du colonel Pierron, en poursuivant sa mission dans le Haut-Guir, livre successivement les combats héroïques de Béni-Ouizen et de Bou-Denib, au cours desquels trouvent la mort les lieutenants Coste et Jaeglé, deux officiers ardents, deux figures légendaires des compagnies montées du 1er Etranger.

 

 

En 1940, le gouvernement franquiste réclame le rattachement des Beni-Snassen à l'Espagne. Un protocole d'accord signé en 1925 entre dirigeants français et espagnols, à l'issue de la guerre du Rif, prévoyait d'ailleurs leur transfert dans le giron espagnol. Mais en 1940, les diplomates français refusent de se séparer de ce territoire qui revêt une importance stratégique car il longe à l'est la frontière avec l'Oranie, alors convoitée par le régime de Franco. Le 29 août 1940, Paul Baudouin, ministre des Affaires étrangères de Vichy, propose, afin de mettre un terme aux pressions des nationalistes espagnols, de leur céder les Beni Snassen dès que la paix générale sera établie en Europe. La cession ne se réalisera jamais.

 

 

Les Béni-Snassen entrent dans une paix relative avec quelques incidents pendant les combats du Maroc et la Guerre d’Algérie.


 

Jean Balazuc P.P.P.P.

 

Sources principales

 

L’Algérie, œuvre française de Pierre Goinard – Robert Laffont 1984.

 

Histoire de la France en Algérie de Pierre Laffont – Plon 1980.

 

La Légion, Grandeur et Servitude – Historama – N° spécial 3 -  XI 1967.

 

Pieds-Noirs d’Hier et d’Aujourd’hui.

 

Histoire de l’Afrique du Nord du général Edmond Jouhaud – Editions des 2 Coqs d’or 1968.

 

Les Grands Soldats de l’Algérie du général Paul Azan – Cahiers du Centenaire 1930.

 

Le 1er Etranger de Philippe Cart-Tanneur et Tibor Szecsko – B.I.P. 1986.

 

Histoire de la Légion de 1831 à nos jours du capitaine Pierre Montagnon – Pygmalion 1999.

 

Site du Mémorial de Puyloubier.

 

Wikipédia

 

 

 

  Bedeau Marie-Alphonse,

Né à Vertou dans la Seine-Inférieure le 09.08.1804 ; sorti de Saint-Cyr en 1820 ; il fait toute sa carrière en Algérie ; officier de valeur sous les ordres du général Robert Bugeaud  en Algérie ; commandant, à la tête du 1er Bataillon de la deuxième Légion Etrangère, formé à Pau en décembre 1836 ; il s’illustre lors de la prise de Constantine en octobre 1837 ; il est cité à l’ordre et nommé lieutenant-colonel de la Légion ; en 1840, il est nommé à la tête du bataillon constitué à partir des recrues carlistes ; il enlève Nédromah en janvier 1842 ; il bat de nouveau l’émir Abd el-Kader à Bab-Taza ; fondateur de Sidi-Bel-Abbès en 1843 ; maréchal de camp en mai 1841 ; commandant d’une colonne mobile de la province d’Oran, constituée à Mostaganem ; mais aussi commandant supérieur de la zone maritime de la province ; général de division le 16.07.1844 ; il s’illustre lors de la bataille d’Isly le 12.08.1844 ; commandant de la province de Constantine en octobre 1844 jusqu’en novembre 1847 ; Grand-Officier de la Légion d’Honneur le 08.08 1847 ; Gouverneur Général par intérim du 29 juin au 6 octobre 1847 ; député de la Loire-Inférieure le 23.04.1848 ; général, il participe à l’écrasement de l’insurrection ouvrière, avec le général Louis Cavaignac à Paris en 1848 ; ministre des Affaires Etrangères du 29 juin au 17 juillet 1848 ; chef du pouvoir exécutif en 1848 ; député de la Seine le 13.05.1849 avant d’être exilé en janvier 1852 par Louis Napoléon-Bonaparte jusqu’en 1859 ; à peu près oublié sauf de ses soldats d’Afrique. Décédé le 30.10.1863 à Nantes dans la Loire-Inférieure.

 

 

 

Cousin-Montauban,

Colonel, chef de corps du 2e Spahis à Oran nommé le 24.07.1845 ; il commande ensuite le 2e Régiment de Chasseurs d’Afrique ; il reçoit la reddition de l’émir Abd el-Kader le 23.12.1847 ; en Mai-juin 1852, il reçoit l’ordre de châtier les Béni-Snassen ; général, commandant la division d’Oran de 1855 à 1857 ; muté à Limoges après le procès du caïd Bel-Hadj et du capitaine Doineau ; commandant en chef de l’expédition franco-britannique en Chine en 1860 ; sa victoire lui vaut le titre de comte de Palikao ; dernier ministre de Napoléon III, il donne à l’armée des ordres aberrants conduisant à une capture déshonorante.

 

 

 

Marcile, officier de la Légion Etrangère, tué au combat au Maroc, le 24.05.1852.

 

 

 

Maury, capitaine, commandant la 24e compagnie montée du 1er Etranger ; le 17.04.1908, par une manœuvre audacieuse, lors du combat de Menabah, il sauve la situation de la colonne Pierron.

 

 

 

Nouvelle, officier de la Légion Etrangère, tué le 24.05.1852 au Maroc.

 

 

 

  Pierron,

Colonel, commandant une colonne partie de Colomb-Béchar en avril 1908 et sérieusement accrochée par la harka du Tafilalet. Elle est dégagée par la 24e compagnie montée du 1er Etranger du capitaine Maury.

 

 

 

  Randon Jacques-Louis-César-Alexandre comte,

Né à Grenoble dans l’Isère le 25.03.1795 ; protestant scrupuleux ; engagé dans les troupes napoléoniennes en 1812, fait sous-lieutenant à Moscou ; promu capitaine en novembre 1813 ; chef d’escadrons de hussards en 1830, il fait partie de l’expédition en Algérie ; colonel en 1838, chef de corps du 2e Chasseurs d’Afrique à Oran ; maréchal de camp en septembre 1841 à Bône ; lieutenant-général le 22.04.1847 ; collaborateur du Maréchal Thomas Bugeaud ; ministre de la Guerre du 24 janvier au 25 octobre 1851 ; Gouverneur Général de l’Algérie et commandant en chef de l’Armée d’Afrique du 11.12.1851 au 30.08.1958 après sa démission donnée le 9 août ; sénateur le 31.12.1852 ; en 1857, il reçoit la soumission de toutes les tribus composant la Kabylie ; son gubernatoriat est l’un des plus féconds ; Maréchal de France le 18.03.1856 ; ministre de l’Algérie et des Colonies du 05.05.1859 au 09.01.1867 ; ministre de la Guerre du 05.05.1859 au 09.01.1867 ; décédé à Genève en Suisse le 15.01.1871.

 

 

 

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